La fin de l'Hiver approche. Les rangs de Vignes zèbrent encore les pentes graveleuses. Il est encore temps de finir la Taille. Les Vignerons sont à la tâche. Notes et Clefs se sont échappées du papier des partitions pour jouer avec le Vent. Bientôt le Printemps tournera cette page et les portées disparaîtront.
Sous le ciel plombé de Mars, la Lumière rasante du petit matin enlumine les Tamaris des Mattes. Rapidement la noirceur du ciel traverse l'Estuaire et se dilue sur l'autre Rive avec les Eaux de la Rivière avant de se déchirer en lambeaux de pluie. On aime venir ici, pour avoir cette impression d'être sur le quai d'un Port. D'autres, appuyés a la Digue, rêvent d'être accoudés au bastingage d'un bateau quittant le Rivage.
A l’entrée des Marais, la barque du Tonnayre attend. Si le Regard s’égare alors il se perd dans un Paysage aussi improbable qu’ éphémère. Car avec les beaux jours les Eaux vont se retirer et les lieux exalteront moins nos pouvoirs imaginaires. Heureux Chasseur d’Images, profites en.
Parfois, avec l'aide des Nuages et du Vent, il arrive à l'Estuaire de prendre des airs de Lac. Ou peut être, facétieux et un peu jaloux, veut il montrer à l'Océan que lui aussi sait avoir des teintes de Bleu. On parle tellement des Bleus de l'Océan. Mais peut être savait il que je passais par là, sur les Chemins qui le borde.
En bordure des Dunes, la Forêt, puis le Lac. Le Soleil n'est pas encore assez haut. Le Brouillard d'Automne, tarde à se disperser et dessine sur un feuille de papier pour Encre de Chine. Sur la Rive, aux pieds des grands Pins, on entend claquer les gouttes d'eau qui tombent des ramures ...
Certains Matins sont flamboyants. Il faut en profiter, se poser, regarder, car ces Instants là ne durent jamais très longtemps. On rêve de l'Afrique ...
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Début Avril. Dans les Marais, Aigrettes, Spatules et Canards font une halte pour quelques jours, sur le Chemin du retour, avant de repartir vers le Nord....
Les Chevreuils se sont attardés dans les près voisins. Ils ont traversé la route, sont rentrés dans une allée de jeunes pins avant de regagner la forêt....
Les Chemins du Queyron bordés de Prunelliers en fleur, nous amènent ailleurs et nous incitent à rester...Il faut en profiter car avec les vents et la pluie de fin Mars, les fragiles fleurs blanches disparaitrons. Aux beaux jours, le dimanche, on prenait ces chemins pour aller déjeuner au Phare de Richard. Ceux qui arrivaient en attelage riaient de se voir poudrés du blanc des chemins. Ca leur était égal, ils étaient heureux d'être ici. Après s'être baignés, derrière la digue, on pêchait des crabes que l'on dégustait cuits avec le fenouil sauvage cueilli sur les rives de l'Estuaire.
Il arrive au Soleil de regretter que l'on ne le regarde pas au fond des yeux. Ce matin, il a demandé à la Brume des Palus de lui donner un air de Lune. Un Héron solitaire est passé par là, comme pour nous dire que tout cela était dans l'ordre normal des choses.