L'horizon était gris, menaçant, plombé. En haut de la plage, il n'y avait personne. Les bancs étaient vides. Et puis poussés par le vent de Nord Ouest, les nuages se sont déchirés, enflammés. Je sais, nous venons souvent du côté de l'Océan. Mais vous le savez bien, ici les couchers de soleil ne se ressemble jamais. Dommage, vous n'étiez pas là. Alors laissez moi partager ce moment; pour le plaisir. Et par les temps qui courent, ce n'est pas de trop.
Hier matin, à Marée haute, les Vagues se sont éclatées. A marée basse, tout au bout de la plage, mirage de la lumière douce de la fin d'après-midi, Cordouan. Il faut venir et rester, il faut marcher. Profiter.
Sur l’autre rive de la « Rivière » , le soleil de ce début d’été tarde à se lever. Puis, surgissant de derrière les collines, il aveugle les carrelets de ce côté-ci. C'est du cinémascope. La bande son; le clapot régulier de l’eau qui vient mourir sur les bords de la digue et le ronronnement lointain et monotone de la drague. De temps en temps, le cri d'alerte d'une mouette. Le Chemin de bordure a été fauché. Des coups de vent soulèvent le parfum du fenouil fraichement coupé..
Au pied des Vignobles, un Port, comme il y en a beaucoup sur les bords de l'Estuaire. Le soleil est déjà haut. Profitant de la marée, le bateau lève la voile et quitte le Port en direction de l'Océan....
J’étais venu pour le Lac, ses Rives embrumées et ses Voiliers au corps mort. Inattendu, un Héron s’est invité, a pris son temps. Ce n’était plus alors le même lieu. Est il besoin d’en rajouter?… Souvent un regard suffit à vous emmener ailleurs.
Depuis les bords de l'Océan, il faut prendre les chemins qui traversent la Forêt. De l'autre côté des grands Pins, s'étendent les Palus et leurs Chevaux...Ici aussi on est ailleurs. Une parenthèse de Liberté.
On entend seulement le chuintement régulier de l'eau. De temps en temps le cri d'alerte d'une mouette rieuse. La marée en se retirant a lissé le Vasard. Un vol de Tadornes s'est invité sur l'Estuaire. Le soleil déjà chaud de Juillet exacerbe les senteurs de Fenouil et de Salicorne. Et puis très vite, l'eau a commencé à remonter sur l'Estran, au grand bonheur des Mouettes...