Cette semaine, entre deux averses un arc en ciel a accroché un nuage, la forêt s'est mise sens dessus dessous, un nuage s'est couché sur l'estuaire et le soleil a fait un clin d'oeil aux optimistes venus le voir...
Depuis quelques jours, de l'océan à l'estuaire, le mauvais temps traverse la presqu'île. Les nuages passent sans relâche faisant surgir sur les bords des chemins des clairs-obscurs éphémères...
La nuit n'a pas encore tout à fait basculé. J'ai abandonné mon bol de café sur la table de la cuisine. Au dessus des marais le jour a fait une entrée fracassante. On aimerait que celà dure plus longtemps...
Le premier jour de cette année, à grands coups de rafales, le vent d'ouest a balayé la plage. Sur les dunes, les oyats ont dansé avec Carmen, à en perdre la tête. A marée haute, l'océan s'est déchaîné. Paysage originel, dantesque, bruyant, attirant et effrayant à la fois; contre lequel l'homme ne peut rien. Au fil des heures, l'océan avance, vagues dans tous les sens, brassant une gigantesque chantilly sur l'estran. Des flocons de crème volent au vent...On s'étonne et on admire. Dantesque.
Depuis quelques jours le temps est au gris. Gris du brouillard et gris de la pluie dans les vignobles. Rien qui n'annonce vraiment les lumières étincelantes d'un Noël pourtant tout proche...Et puis, une fin d'après-midi, sur le front de mer, les derniers nuages menaçants passés, le ciel a fait la fête. Pas besoin de guirlandes, ni de boules multicolores. Un Noël océanique!
Un matin de décembre, en bordure de forêt, loin des bruits et des contraintes, j'ai pris le chemin de la savane. Au milieu des grandes herbes, je me suis assis au pied d'un baobab solitaire. J'ai attendu les lions, les éléphants, les zèbres et les girafes. Il est encore trop tôt, les gazelles ne sont pas encore arrivées sur les bords du point d'eau ...
Comment se convaincre que les vignobles bien alignés sont tout proches et que l'océan et ses dunes rectilignes n'est pas bien loin. Il y a dans ce pays des paysages et des moments, où comme en ce début décembre, immobile sur le bord du chemin, l’esprit n’a pas trop de mal à vagabonder sur des terres très lointaines. D’ailleurs peut être est ce pour cette raison que les oies cendrées et autres oiseaux migrateurs aiment s’arrêter sur ces terres.
Au bout du chemin qui longe le lac, il y a la lagune, encore embrumée. Les cormorans ont déjà commencé la pêche et se sèchent maintenant sur leur perchoir avec les premiers rayons de soleil qui peinent à percer. Sur les bords, pas un bruit. Seulement les cliquetis que fait la brume qui tombe des ramures en gouttes, dessinant des ronds sur le plan d'eau. Même s'il fait un peu froid, que du bonheur....
Les jours de brouillard, sur la page blanche laissée par la nuit, les roseaux dessinent des arabesques. Assis sur le sable de la grève, l'imagination se met en route, le regard peut partir pour un long voyage.
Le lac et la rive d'en face ont disparu. A l'abri de la presqu'île, un héron vole prudemment au dessus de l'eau avant de se percher sur un bateau fantôme pour attendre que la brume se lève. Invisible, le sifflement d'un vol de cygnes passe au dessus des grands pins en direction des mares toutes proches.